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Critique de la relativité d'échelle de Laurent Nottale

par Sylvain Poirier
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Avez-vous entendu parler de Laurent Nottale et de sa théorie de la relativité d'échelle qui constituerait une nouvelle tentative d'unification de la physique basée sur une généralisation du principe de relativité ? Si oui, ce sera très probablement dans des journaux de vulgarisation ou à la librairie du coin par exemple, car par contre dans les milieux scientifiques raisonnables, vous n'en entendrez pas parler, et pour cause, une telle théorie n'existe pas, ni même un principe de relativité d'échelle, ou du moins s'il était possible d'en formuler un ayant quelque chose à voir avec ce que Laurent Nottale a raconté, il serait trivialement faux. A ce sujet, les milieux de la vulgarisation se sont fait rouler par ce qui ne se distingue guère d'une imposture (même si, à ce qu'il paraît, Nottale ne serait qu'un doux rêveur et se serait donc abusé lui-même par sa propre imposture montée par inconscience, ce qui est tout de même hallucinant - surtout si on s'interroge sur la participation de son équipe à cette folie). (Pour éviter les malentendus: il ne m'appartient pas de juger les raisons initiales du statut de Laurent Nottale au CNRS. L'objet de cette critique est uniquement sa prétendue théorie de la relativité d'échelle comme nouvelle théorie physique, sur laquelle repose l'image qu'il se donne auprès du public, ainsi que cette relation ambigue qu'il entretient avec ce public.)

Or, malgré que la plupart des physiciens sérieux ayant étudié la question s'en soient vite rendus compte (voir preuves), on constate qu'à part le présent site il n'y a presque personne qui se soit dérangé pour signaler ce problème au public (sinon bien sûr entre scientifiques tout est clair). Mais alors pourquoi, demanderez-vous ?

C'est simple: puisqu'il n'existe pas de théorie de la relativité d'échelle, il est normal qu'il n'y ait personne pour passer son temps à proclamer l'inexistence de quelque chose qui n'existe pas: un tel travail d'analyse de cette imposture et de contre-information à son sujet serait un travail sans intérêt, sans aucune valeur scientifique, qui ne rapporterait rien à son auteur (ni argent ni réputation parmi ses pairs qui partageant l'absence totale d'intérêt envers cette théorie qui n'existe pas, ne s'intéresseront pas non plus à une telle chasse contre le néant).
Ainsi, pour pouvoir le critiquer, non seulement il faudrait étudier les travaux de Nottale en profondeur à la recherche désespérée d'une signification introuvable car chaque texte de Nottale repose sur et invoque des soi-disantes notions et résultats non définis et parachutés d'on ne sait où, mais ensuite comment se lancer dans une critique explicite de quelque chose qui n'est "même pas faux", ne montrant pas grand-chose de précis à critiquer ?

Et donc, pour avoir le droit de critiquer la relativité d'échelle, c'est-à-dire le faire précisément et scientifiquement, il faudrait, comme d'hab et aux dires d'ailleurs explicites (faits en privé - mais cités ici, niac niac) des grands partisans de la relativité d'échelle eux-mêmes, avoir d'abord consacré sa vie au vrai travail sérieux et constructif d'invention et de développement gracieux et intégral de tout le contenu théorique nécessaire pour faire de la relativité d'échelle une théorie solide et défendable à mettre sur le compte de Nottale afin de pouvoir enfin y répondre.
Pourtant en même temps si on les comprend bien, le résultat même d'une telle démarche raterait sa cible, puisqu'ils disent en substance : oui bon tout le monde sait bien que dans les détails la relativité d'échelle n'a aucune rigueur, presque toutes les définitions sont absentes et beaucoup d'arguments ne sont pas bons MAIS le problème n'est pas là car la valeur de sa théorie réside dans les idées globales, la démarche, l'intuition, les questions qu'il pose qui peuvent éventuellement être valables et source de recherche futures visant à construire plus rigoureusement de telles notions.
Alors, pour répondre à cela, j'ai plus précisément développé et mis en liens ci-dessous une critique globale contre ses idées, sa démarche, son intuition.
Bien sûr que sur le plan mathématique on peut toujours s'amuser à inventer des notions plus rigoureuses en rapport avec les idées qu'il évoque. Mais l'ambition fondamentale de Laurent Nottale auprès du public étant il me semble dans le domaine de la physique, nous allons voir cette question particulièrement.

Liste rapide de critiques qu'on peut faire

En gros: il prétend généraliser des principes (celui de relativité), et abandonner des hypothèses (celle de différentiabilité). Et son tort, c'est de faire le contraire de ce qu'il dit, c'est-à-dire qu'il propose une régression et un enfermement dans des principes et hypothèses étriquées en comparaison des théories actuellement en vigueur, jusqu'à rejeter tous les principes de relativité qui y sont actuellement admis, ainsi que les avancées de la physique quantique.
Plus précisément:

- Il n'y a jamais eu d'hypothèse de différentiabilité en physique mais seulement usage implicite des distributions, il n'y a donc aucun sens de prétendre la lever. Quoi qu'il en soit, les fonctions non-différentiables sont des outils parmi d'autres et ne constituent pas une théorie physique fondamentale. Une classe de régularité n'est pas une hypothèse physique mais un possible résultat conséquence de lois précises qu'il faut d'abord établir. Pour cela, rien n'empêche d'utiliser des équations différentielles, quitte à découvrir à la fin que les principales fonctions qui interviennent physiquement ne sont pas différentiables, comme cela arrive effectivement en théorie quantique des champs.

- Nottale prétend tirer les conséquences d'un espace-temps non-différentiable sans avoir besoin de préciser ses irrégularites ni les lois qui les dirigent: nulle étude effective des possibles irrégularités, de leurs causes et de leurs conséquences ne se trouvent (du moins à premiere vue) dans ses travaux, mais seulement une utilisation magique de calculs sur les dimensions fractales; de telles lois contrediraient l'équation d'Einstein conséquence du principe de moindre action garant de la conservation de l'énergie. Or, comment remettre en question une conséquence (expression) de la conservation de l'énergie, à moins de remettre en question la conservation de l'énergie ?
(Voir la section différentiabilité pour de plus amples commentaires sur ces deux premiers points)

- Les études d'irrégulariltés de trajectoires de particules ne sauraient tenir lieu d'études d'irrégularités de l'espace-temps; d'ailleurs s'il se permet d'écrire des combinaisons linéaires de dérivees à gauche et à droite sans ressentir le besoin de se demander si cela a un sens et lequel, c'est bien qu'il considère implicitement l'espace lui-même comme différentiable. Ainsi, non content d'enfoncer la porte ouverte de la non-différentiabilité, il ne prend même pas la peine de la franchir.

- Il n'y a pas de principe de relativité d'échelle qui puisse se définir rigoureusement et ait quelque chose à voir avec les principes de relativité restreinte et générale, d'ailleurs bien différents l'un de l'autre, si on veut respecter l'évidence de définissabilité physique absolue des étalons de mesure; quand bien même il y en aurait un avec un groupe continu de dilatations aboutissant à une "transformation de Lorentz d'échelle" (qui n'a d'ailleurs aucun sens) cela impliquerait la différentiabilité des dilatations, contrairement à la prétention de s'affranchir de la différentiabilité de l'espace-temps.

- En général, cette "théorie" emploie si souvent "pour bien introduire et faire comprendre les choses" tant d'analogies poétiques comme substituts de constructions rigoureuses impossibles et qui ne figurent nulle part. Notamment, le charme des images fractales non-lisses et présentant des auto-similarités entre différentes échelles qu'on a doré contempler dans les jolis livres sur les fractales, tient ici implicitement lieu de preuve d'un lien logique nécessaire entre les notions non-définies d'espace-temps non-différentiable et de principe de relativité d'échelle, sans qu'il soit jugé utile de l'expliciter davantage.
 
- Il prétend inclure la mécanique quantique, alors que le principe de superposition quantique d'états engendre des effets fondamentalement originaux comme la violation des inégalités de Bell, dont il est connu qu'aucune théorie locale (respectant la relativité restreinte) et de type classique sur le plan métaphysique (donc, sans superposition quantique d'états) comme la RE, ne pourra jamais les reproduire.

- Comment donc prétendre introduire une théorie à la fois fondamentale (visant à apporter de nouvelles avancées en physique des particules au-delà des théories connues) et apportant de nouvelles prédictions dans des problèmes d'astronomie dont rien n'indique qu'ils subissent l'influence déterminante de phénomènes inconnus, comme le problème de la formation de systèmes planétaires, dont la principale difficulté est donc la gestion statistique et autres de la quantité astronomique de détails possibles suivant les lois fondamentales connues ? Apparemment, Nottale trouve l'ensemble des physiciens bien trop frileux d'invoquer depuis toujours la recherche d'une Théorie du Tout de la physique ayant "seulement" pour but d'engendrer de manière cohérente les fameuses 4 interactions fondamentales qu'on connaît comme étant à la base de quasiment tous les phénomènes observés, avec la physique quantique. Il trouve nettement plus intelligent de passer directement à la vitesse supérieure en annonçant la sortie d'une Théorie Unifiée du Tout et du N'importe Quoi incluant les systèmes planétaires, la biologie et l'économie, qui décrirait ainsi par les mêmes équations aussi bien les lois fondamentales que les phénomènes qui n'en sont que conséquences astronomiquement éloignées, sans se soucier de savoir si les prédictions ainsi directement obtenues sur ces phénomenes éloignés sont en cohérence (par quel miracle ?) ou en contradiction (on s'en fout, personne ne pourra vérifier) avec ce que seraient réellement rigoureusement les conséquences des lois fondamentales sur ces phénomènes.

- On a toujours su que les "trajectoires" des particules en physique quantique, pour autant que ce mot puisse avoir un sens, ne sont pas différentiables. Ceci parce que les principes de la théorie quantique affranchissent les particules du besoin de suivre des géodesiques là ou la constante de Planck entre en jeu; ceci n'a nul besoin de se relier à une quelconque irrégularité de l'espace-temps, laquelle dévierait davangage les particules sur les grandes longueurs que sur les petites, contrairement à ce qui se passe en physique quantique.

- Aux critiques théoriques ont peut ajouter l'analyse des soi-disantes "prédictions" sorties du chapeau pour coller aux observations: voir le compte-rendu de Didier Lauwaert dans fr.sci.physique à ce sujet.

Réfutations détaillées de la relativité d'échelle

Y a-t-il un principe de relativité d'échelle ?

Lever l'hypothèse de différentiabilité

Réfutation du principe de relativité d'échelle à l'échelle macroscopique

Laurent Nottale nie, ignore et contredit grossièrement la physique quantique quand il en parle.

Réfutation du modèle fractal de l'espace-temps à l'échelle quantique

Analyse du site de Laurent Nottale

Analyse de "Fractal space-time and microphysics" chapitre 1
Analyse de "Fractal space-time and microphysics" chapitre 2

Ce que d'autres en pensent: références et discussions.

Autre commentaire (par lequel cette critique avait commencé):
Analyse du fameux livre grand public de Laurent Nottale, La relativité dans (vraiment) tous ses états

FAQ

(pour éviter aux gens de me ressortir quelques arguments ridicules et hyperusés prétendant défendre Laurent Nottale)

"Vous dites notamment que les scientifiques sérieux rejettent sa théorie. Pour moi ceci n'est pas une preuve que Nottale a tort."

Evidemment, et pour moi non plus. Faudrait vraiment avoir l'esprit tordu pour imaginer une seule seconde qu'on puisse juger une chose à sa réputation, surtout quand on ne sait pas quels sont précisément les motifs et le contenu de cette réputation pour savoir si la conclusion qu'on en tire en rend compte fidèlement ou pas. Ceci dit s'il suffisait à n'importe quel guignol tombé de la dernère pluie comme il y en a tant, racontant n'importe quoi pour mériter considération par tout un chacun en dépit d'une réputation défavorable, on ne serait pas sortis de l'auberge. C'est donc au moins basé sur sa réputation positive auprès du public (voire, de son statut au CNRS) que vous croyez bon de prendre sa défense. Vous raisonnez en termes de réputation au lieu de regarder le contenu, et votre argument se détruit lui-même.
Sérieusement, au cas où par malheur vous ne l'auriez pas remarqué: je base évidemment ma preuve que Nottale a tort uniquement sur l'analyse du contenu de sa "théorie" (et de sa vacuité), que je n'ai pas cessé de détailler en long, en large et en travers dans les textes ci-dessus. La remarque de la mauvaise réputation a uniquement pour but de dire que ma critique n'est pas une élucubration isolée de quelqu'un qui aurait raté un point essentiel à sa compréhension, mais l'expression de ce que beaucoup de scientifiques sérieux pensent.

"Vous critiquez les gens qui proposent de nouvelles théories"

Faux. Je critique les gens qui profèrent des aneries, point. Qu'une anerie soit apparemment nouvelle ou pas n'a rien a voir avec le problème. En fait si, bien sûr ça s'explique. D'une part, par le fait qu'avant les gens avaient honte de dire des aneries, et que si quelqu'un en disait une, les autres la réfutaient aussitôt ou du moins, voyant aussitôt le ridicule, l'ignoraient en sorte qu'on arrivait à l'oublier, ce qui peut ensuite donner l'impression que personne n'y avait songé serieusement, donc que c'est encore "nouveau". Mais en fait l'impression de nouveauté est généralement illusoire: ce n'est qu'une nième version ressassée d'une même anerie qui a déjà été réfutée 36 fois, et donc ce n'est pas vraiment nouveau. D'autre part, par le fait qu'il devient très facile de débiter des montagnes d'aneries toujours nouvelles à partir du moment où on arrive à en avoir l'indécence; mais qu'il est beaucoup plus difficile de trouver de nouvelles bonnes idées. Mais de toute manière il ne m'a jamais traversé l'idée saugrenue de mettre tout ce qui est nouveau dans une même catégorie et de porter un quelconque jugement sur une théorie en me basant sur ce seul aspect superficiel des choses, si ce n'est par nécessité de répondre à des gens qui m'interpellent en brandissant cette même idée saugrenue.

"S'il fallait rejeter une théorie pour son manque de rigueur, la physique quantique n'aurait jamais vu le jour"

Bien sûr. Ce que je reproche à la relativité d'échelle ce n'est évidemment pas son absence de rigueur mais sa vacuité conceptuelle. Le problème de la mesure en physique quantique ainsi que les difficultés de la théorie quantique des champs sont des manques de rigueur formelle, cependant que le sens profond d'une théorie existe et peut se flairer au-delà de ce manque de rigueur. Je pense avoir un bon flair du sens profond des choses au-delà de leur manque de mise en forme, pour avoir depuis longtemps scruté la relativité restreinte et avoir trouvé que sa présentation habituelle ne reflétait pas bien son sens; pour m'être débrouillé à formuler la relativité générale sans utiliser d'outil de calcul bien solide; pour avoir senti sans problème que le delta et autres distributions en physique avaient un sens avant d'en avoir vu une définition mathématique rigoureuse; pour m'être fait une idée assez satisfaisante de la physique quantique ayant assez naturellement flairé que ça avait un sens, et être aussi arrivé à me faire une idée de la théorie quantique des champs. Dans ces conditions donc justement, puisque j'ai le flair et l'expérience de sentir ce qui peut avoir un sens profond au-delà des problèmes de rigueur formelle, et que la nouveauté et la réputation ne sont pas non plus pour moi des caractères dignes d'attention, comment expliquer que j'en arrive à trouver la relativité d'échelle aussi grossièrement vide de sens, d'après vous ?

Voir aussi ma réponse à un autre message dans la page de références.

Pour finir, voici ma reponse à la Question Très Souvent Non Posée:

"Voulant exprimer mon profond désaccord avec cette critique dévastatrice, je veux y répondre d'une manière intelligente, exprimant les vraies bonnes raisons sur lesquelles je m'appuie, vraiment propres à défendre Laurent Nottale et sa théorie. Comment puis-je faire ? "

Vous pourriez pour cela, par exemple, tenter de relever un des défis suivants, ou d'autres du même style en réponse à des points particuliers que j'ai soulevés dans les analyses ci-dessus:
1) Ecrire un énonce du principe de relativite d'échelle ayant un sens mathematique véritable, profond et rigoureux, sans être pour autant trivialement faux en ce qui concerne notre univers physique.
2) Expliquer la signification mathematique exacte de l'interprétation de l'électromagnétisme qu'a exprimée Laurent Nottale dans le cadre de sa relativité d'échelle.
3) Préciser si les inégalités de Bell sont ou non valides dans le cadre de la relativité d'echelle. Si oui, comment se fait-il que leur violation ait apparemment été observée. Si non, préciser en quoi le raisonnement de Bell applicable en principe à toute théorie locale, compatible avec la relativité restreinte (donc sans déplacement d'infos plus vite que la lumière) et de métaphysique classique (parlant d'une réalité en soi indépendante de l'observateur, sans superposition d'états) ne s'applique plus en relativité d'échelle qui parle pourtant d'un espace-temps fractal fait de points. 

Alors ?

Laurent Nottale, Philippe Girard ("philippefr", auteur du site fractalspace), Charles Alunni sont au courant de cette page, et qu'elle est référencée chez dmoz. Ils ont été invités à répondre dans fr.sci.physique. Je ne vois pas ce qui peut les retenir de le faire, si ce n'est qu'ils n'ont pas d'arguments pour leur défense.
Notamment, Philippefr et un autre (pourtant non impliqué) mentionnent par email leur interrogation sur mes motivations.

A cela j'ai plusieurs choses à répondre:
- Je n'aime pas le mensonge. Quand je constate une imposture, il me semble de mon devoir d'avertir les gens.
Lors de ma correspondance avec Philippe Girard d'il y a longtemps, il a obtenu de moi de m'abstenir de critiquer fermement, réclamant le bénéfice du doute du fait que je n'avais pas examiné les choses attentivement au-delà du livre grand public. Il affirmait que les scientifiques ayant examiné les choses plus à fond trouvaient cette théorie sérieuse. Je lui ai accordé. Mais après avoir gratté un peu plus, je vois qu'il a ainsi abusé de ma crédulité. Maintenant cela suffit.

- En tant que citoyen responsable j'estime de mon devoir de dénoncer les gaspillages de l'argent public. Vous allez dire cela ne change rien c'est un fonctionnaire. D'abord ce statut de fonctionnaire ne me plaît pas (permettant, de manière discriminatoire et définitive aux uns de pantoufler pendant que les autres moins chanceux continuent à galérer toute leur vie hors de la recherche ou dans d'autres conditions...), ensuite je suppose que son statut lui permet de recruter d'autres chercheurs sur le même thème bidon, aggravant ce gaspillage.
.
- Epargner aux gens le coût, le temps et le gâchis de leurs ressources intellectuelles d'acheter un livre présentant des thèses bidon, ou de lire un site web de même.

Déjà, ça devrait suffire.
Mais en fait, j'avoue qu'il y a aussi autre chose.
Quand je parlais à des mathématiciens ou institutions en place (avant d'être finalement recruté) de mon projet d'apporter de nouvelles idées au niveau du contenu de l'enseignement universitaires et que je demandais pourquoi il semble est si difficile d'arriver à être payé pour cela contrairement à la "recherche pure" dont je ressens beaucoup moins l'utilité publique, ou à trouver quelque université ou autre laboratoire dans le monde qui s'intéresse à ce genre de question, on me répondait par une sorte d'indifférence (et d'un avertissement que ce n'est pas cela qui fait la valeur d'un mathématicien, mais seulement le travail de "recherche" spécialisée éloignée de l'enseignement...), comme un mur du silence à peu près comme à n'importe lequel de ces fous paranoïaques ou non qui prétendent tout révolutionner sans vraiment connaître ce qu'ils critiquent, et qui accusent exagérément l'inertie des institutions. Pourtant mon projet est sérieux, même si je n'ai encore rédigé qu'une partie relativement petite de ce que je comptais faire. Alors, puisqu'on défend les institutions au nom de la résistance de la science face au chaos, j'ai ressenti le besoin d'attirer l'attention sur cette nécessité d'un discernement qui dépasse l'usage des habituelles rigidités institutionnelles, puisque ces mêmes institutions peuvent aussi abriter à l'occasion quelques-unes de ces folies sous sa protection et son financement public.
Je ne demande même pas en fait une pleine reconnaissance de mon projet. Tout ce que je demande c'est un assouplissement des statuts administratifs pour me permettre, même avec un salaire nettement moindre que celui habituel des chercheurs, de disposer d'une marge de liberté suffisante pour pouvoir m'y consacrer en paix sans être harcelé par les inquiétudes matérielles quant à l'avenir (surtout les inquiétudes des proches en fait) liées au fait qu'en matière de statuts, l'administration ne connaît pas de demie-mesure, mais hisse le spectre de l'exclusion sociale et scientifique contre ceux qui ne rentrent pas parfaitement dans les rangs (cette exclusion sociale potentielle des non statutaires s'effectuant au nom de la protection sociale des chercheurs bien évidemment).
Dans le même ordre d'idées, je voudrais aussi appeler à prendre conscience de la nécessité d'un dialogue plus important entre les scientifiques et le public, afin de mieux expliquer à ce dernier l'état des connaissances scientifiques et pourquoi la position de la science est ce qu'elle est, pour beaucoup de raisons et en particulier en sorte d'éviter aux gens de tomber dans le piège des charlatans d'une part, d'autre part de réduire le risque de voir se lever un grand nombre de gens qui sincèrement gâchent leur vie à défendre leurs idées personnelles que tout dans leur environnement les pousse à croire géniales (comparativement à ce que les institutions scolaires leur ont montré en guise de science). Car la science n'a pas su se montrer sous son vrai jour en donnant d'elle-même le genre d'image honorable qu'elle mérite: gardant par effet d'inertie comme si elle en était jalouse (mais aussi à cause de la culture fortement antiscientifique de la société qui lui est hostile, problème de l'oeuf et de la poule en quelque sorte) ses trésors d'intelligence enfermés dans sa tour d'ivoire bien loin des vicissitudes scolaires et médiatiques, comment pourrait-on en deviner la splendeur ?


Y a-t-il un principe de relativité d'échelle ?

Principes de la relativité d'Einstein

Si les principes de relativité restreinte et génerale ont un sens, ce n'est pas parce qu'ils sonnent bien, mais parce qu'ils se trouvent prendre un sens précis dans leurs contextes respectifs, sens précis d'ailleurs très différents l'un de l'autre:

Principe de relativité restreinte: La structure géometrique de l'espace-temps qui intervient dans les lois de la physique est celle d'un espace affine muni d'une structure sur l'espace vectoriel associé, dont le groupe d'invariance agit sur l'ensemble P des directions d'une manière que l'orbite d'une direction de temps T donnée est un ouvert de P, et le sous-groupe fixant T agit comme le groupe produit des translations temporelles et rotations spatiales.

Principe de relativité générale: l'espace-temps est une variété pseudo-riemannienne, et ce qu'on appelle champ de gravité est l'expression de certains des paramètres de déformations qui apparaissent dans les lois de la physique exprimées dans un système de coordonnées non redressées au second ordre (celui des courbures des lignes de coordonnées); ou en termes plus physiques, l'effet sur un observateur, de la courbure de sa ligne d'univers par rapport à la géodesique tangente.

Le principe de relativité d'échelle, par contre, n'a aucun sens. Si quelqu'un est capable de lui donner un sens, qu'il m'appelle. Allons, essayons un peu: comme Nottale a tant insisté sur l'analogie avec le principe de relativité restreinte, au point de parler d'une formule de transformation de Lorentz d'échelle, avec action du groupe de Lorentz, cela donne: l'espace-temps est un espace à la structure fractale invariante par un groupe continu de dilatations.... non sérieusement, c'est un groupe de Lie p-adique pour pouvoir agir sur un espace fractal ou quoi ?

Un principe de relativité n'est pas une dépendance par rapport à un observateur

Bon allez, je sens qu'il y a des gens qui comme l'auteur de l'article Wikipedia ne comprennent encore rien à ce que j'essaie d'expliquer, parce qu'ils n'ont absolument aucune notion de ce que peut signifier le concept de relativité, tout en croyant le connaître (et en m'accusant au passage de ne pas le connaitre sous prétexte que je ne vois pas de sens à la manière dont Nottale l'invoque...): je le cite "la relativité d'échelle a bien un sens, et vous l'avez parfaitement formuler vous-même (comme quoi, quant on cherche...) : c'est effectivement de rompre avec "l'évidence (sic) de définissabilité physique absolue des étalons de mesure". Exactement comme la seule la seule vitesse "absolue", définissable, c'est c, les seuls "étalons de mesure" qui ne sont pas affectés par les dilatation/aggrandissement sont respectivement l'échelle de Planck et la taille de l'univers ; entre les deux, la RE implique que la distance et la durée sont affectés par le niveau de finesse. "

Pour eux donc, je vais ici encore m'abaisser à étaler des trivialités, mais après tout comme c'est pour eux que je détaille (les autres ayant tout de suite compris qu'il n'y avait pas de théorie de la relativité d'échelle n'ont pas besoin de lire tout ça), allons-y:

Il ne faudrait surtout pas confondre la notion de relativité d'avec celle de dépendance ("être affecté") des quantités par rapport à quelque chose comme un observateur. En fait, ça n'a bien sûr rien à voir, mais il s'avère hélas que beaucoup de gens font la confusion. Alors rappelons la différence, avec quelques exemples.
S'il ne s'agissait que de dépendance, serait-ce par rapport à un observateur (eh, en quoi les observateurs auraient-ils un quelconque rôle spécial en physique, tant qu'on ne parle pas des mesures de la physique quantique bien entendu ???), le concept de relativité n'aurait aucune raison d'entrer dans l'écran radar de nos compréhensions. Des dépendances, il y en a pléthore en physique et même partout: toute fonction est dépendante de sa variable. Par contre des relativités il y en a beaucoup moins.
Ainsi la notion de "relativité du temps", expression de la dépendance de la durée d'un phénomène par rapport à l'observateur qui effectue cette mesure, qui paraît extraordinaire en relativité restreinte, n'est nullement l'expression d'un quelconque principe de relativité. Cette dépendance apparaît par opposition à la mécanique galiléenne dans laquelle le temps est absolu, or, faut-il rappeler que la mécanique galiléenne n'est pas moins relativiste que la relativité restreinte. Et par ce même principe de relativité, le temps y dépend de l'observateur... suivant une fonction constante, qui n'est qu'un cas particulier de dépendance, le cas de dépendance qu'on appelle l'indépendance.
Aussi, les gogos anti-relativistes ont beau jeu de proclamer leurs découvertes de possibles "causes" ou interprétations de la dépendance des temps et autres mesures (experience de Michelson-Morlay et autres) par rapport à l'observateur, dont il est question en relativité restreinte, et d'en déduire qu'ils ont réussi à "mieux expliquer" cette théorie de la relativité en termes non-relativistes, par des "causes physiques" faisant l'économie de l'acceptation du principe de relativité en tant que tel. Evidemment tout cela est ridicule car le but du principe de relativité n'est pas d'aboutir à l'expression d'une fonction de dépendance, mais au contraire de rendre compte d'une profonde indépendance: les lois de la physique ne dépendent pas d'une chose aussi artificielle et inutile qu'un choix de réferentiel, à condition toutefois de ne pas se tromper d'objet, tenant compte du fait que les vrais objets sont plus compliqués (quadridimensionnels et autres) que ceux qui apparaissent au premier abord; la prise en compte du décallage entre les variables utilisées comme expression des choses dans un réferentiel, et les vrais objets de la physique, donnant lieu à des formules de changement de référentiels sur ces variables, à travers lesquels, finalement, il n'y a plus dépendance mais indépendance. Telle est donc l'essence du principe de relativité: l'expression d'une indépendance éventuellement cachée au premier abord, au contraire d'une dépendance; ceci imposant des lois de dépendance très précises, celles pour lesquelles les vrais objets sont finalement indépendants (fonctions constantes).

Aussi, par mesure d'illustration, signalons qu'en théorie quantique des champs et notamment en électrodynamique quantique, on se trouve obligés de considérer que les constantes universelles de la physique comme la masse et la charge de l'électron sont explicitement dépendantes de l'échelle de résolution dans laquelle on exprime les lois de la physique, afin que les résultats aux grandes échelles soient compatibles indépendamment de la résolution utilisée pour l'étude. C'est ce qu'on appelle la renormalisation. Cela ne renvoie nullement à un quelconque principe de relativité d'échelle, c'est seulement une fonction qui dépend d'une variable particulière, la résolution. Aucune de ces variables n'est relative, toutes sont définissables dans l'absolu: les échelles sont absolues, les charges sont absolues (quantité sans dimension, ayant donc naturellement une valeur numérique... qui dépend de l'échelle de résolution), la masse de l'électron peut servir d'étalon à tout le reste en prenant des précautions d'énoncé adéquates.

Ainsi, quelle importance pourrait diable avoir le fait qu'une mesure de longueur dépende de l'échelle de résolution utilisée pour la mesurer ? Pourquoi cela devrait-il avoir un quelconque rapport avec un principe de relativité d'échelle ? De toute façon, les résolutions sont définissables dans l'absolu, donc une longueur sera aussi définissable dans l'absolu comme étant celle mesurée suivant une résolution donnée préalablement définie dans l'absolu. Il n'y a donc rien de relatif là-dedans.

La relativité restreinte d'échelle

Cette analogie poétique ne se croit pas obligée d'avoir de la suite dans les idées au point de mentionner le fait que, comme en relativité restreinte les coordonnées d'espace et de temps doivent être oubliées au profit d'un continuum d'évènements qui sont la vraie notion physique seulement observée comme couples (position, temps), de même suivant cette analogie, la longueur et la dimension fractale devraient disparaître au profit d'un continuum d'éléments mesurés par des couples (longueur, dimension fractale). Vachement physique comme notion. Or, comme le continuum d'espace-temps est aussi invariant par translation temporelle à espace et vitesse fixés, ceci donne à travers cette analogie que la dimension fractale n'aurait de sens qu'à une constante additive près à longueur et échelle de mesure fixés. Encore plus physique comme invariance.
Mais si on examine mieux l'équation initiale log(longueur)= dim*log(échelle) pour y chercher une analogie avec la formule de multiplication x = v*t, on constate qu'il serait bien plus pertinent de voir la dimension fractale comme étant la vitesse de variation de log(longueur) suivant les échelles qui jouent le rôle de temps, afin de pouvoir la généraliser au cas de "mouvements non uniformes" dans lesquels la dimension fractale varie suivant l'échelle, entraînant une fonction de dépendance de la longueur suivant l'échelle, analogue à l'équation différentielle dx = v dt (sans oublier que ces variables ne constituent à travers cette analogie qu'une idéalisation outrancièrement régularisée d'une situation bien plus chaotique à préciser). Patatras, les idées d'échelles limites n'ont vraiment plus d'excuse de ce point de vue.

Pour rire un peu

Nottale travaillant avec un espace-temps fractal sans en préciser la forme exacte, on peut tenter de combler le vide de ses constructions en proposant des exemples effectifs d'espaces continus de dimension fractale. On peut introduire par exemple un espace tridimensionnel continu de dimension fractale 3.5 de la manière suivante:

Soit E un espace tridimensionnel euclidien, et d la distance euclidienne dans E. On peut alors obtenir un espace continu de dimension 3.5 en prenant E muni de la distance d' définie par
d'(x,y) = (d(x,y))6/7.

En effet, alors, une boule de rayon u fois plus grand au sens de d' sera divisible en u3.5 fois plus de morceaux de petite taille fixée.

Question: pourquoi un tel espace n'est-il pas un bon exemple d'espace fractal dans lequel la longueur d'une courbe dépend de la résolution employée pour la mesurer, constituant un exemple effectif de ce que Nottale a pu entendre comme point de départ de sa construction qu'il a généralisée par sa transformation de Lorentz d'échelle ?


L'hypothèse de différentiabilité en physique...

...N'a jamais été posée

Quand dans les cours de physique on dit qu'on suppose toutes les fonctions différentiables, on ne fait pas une hypothèse. C'est seulement une vague excuse pour se permettre d'écrire des opérations qui n'ont été mathématiquement définies que dans le cas différentiable, pour les appliquer à toute situation plus ou moins modélisable par des fonctions différentiables, et par extention aussi, par passage à la limite, au cas des distributions (dont font partie les fonctions non-différentiables). De cette manière on se permet de faire des calculs sur les distributions, qui sont les mêmes calculs que ceux qui concernent les fonctions différentiables, sans prendre la peine de définir l'espace des distributions, ni le sens de ces formules dessus, ni pourquoi elles y sont toujours valables.
Par cette méthode, les calculs physiques vont bien souvent logiquement de calculs différentiels (donnant la fausse impression de supposer les fonctions différentiables), vers diverses conclusions: qu'elles ne sont pas toujours différentiables, voire qu'elles sont discontinues. En effet, on écrit des calculs sans poser d'hypothèse sur les classes de régularité, et à la fin on trouve ce qu'on trouve, des fonctions différentiables ou non. Pour le dire autrement: il ne faut pas confondre hypothèse et conclusion. En physique, les classes de régularités se découvrent et ne se supposent pas. Elles ne sont pas des lois mais de simples épiphénomènes des lois. Qu'il soit fréquent de découvrir les fonctions différentiables n'en fait pas l'expression d'une hypothèse pour autant.
Qui n'a jamais vu les équations de Maxwell appliquées à l'étude du champ créé par une charge ponctuelle ? Quid de l'hypothèse de différentiabilité sous-jacente à l'écriture d'équations aux dérivées partielles là-dedans ?
N'avez-vous pas vu passer, dans quelque calcul d'électromagnétisme, des dérivées de la fonction de Dirac ?

...Serait sans objet

La différentiabilité est un énonce qui ne dit rien sur le comportement macroscopique des fonctions, mais seulement sur la limite de leur comportement dans l'ultime infiniment petit. Or, les calculs ordinaires de physique n'ont généralement pas la prétention d'aller jusque-là, surtout les calculs de physique des milieux continus qui s'arrêtent à l'échelle atomique. On sait que les théories physiques courantes ne s'appliquent de toute maniere plus à l'échelle de Planck. Comme elles ne disent clairement rien de ce qui se passe à une échelle donnée très petite, encore moins disent-elles quoi que ce soit de l'infiniment petit ultime dont parle la notion mathématique de différentiabilité.

On sait de toute manière qu'elle est fausse

A l'approche de l'infiniment petit donc, que nous dit la seule théorie qui y va actuellement plus loin que toutes les autres, la théorie quantique des champs ? Que d'abord on pose une intégrale fonctionnelle, portant sur un espace de fonctions qu'on écrit comme différentiables pour pouvoir écrire leur action à intégrer. Qu'ensuite, l'intégrale fonctionnelle fait apparaître comme fonctions prédominantes dans cette intégrale des fonctions hautement non différentiables, voire partout discontinues; que ceci fait diverger violemment les calculs de l'action et de l'intégrale fonctionnelle, et qu'alors on doit consacrer au moins la moitié de tout le travail d'étude de cette théorie au problème de la gestion et du contournement de ces divergences.

Petit point sur les variétés riemanniennes

On peut parler de variétés continues non-différentiables, ou bien de variétés de classe C1, ou Cn. Cependant, dans le cas de l'espace physique, on a un champ de métriques pseudo-euclidiennes, autrement dit une variété pseudo-riemannienne (essentiellement la même chose qu'une variété riemannienne, sauf que la signature est (n-1,1) au lieu de (n,0)). Or, il est possible de reconstituer canoniquement les notions de classes de différentiabilité à partir d'une structure de variété pseudo-riemannienne. A savoir, on prend des géodesiques comme repères, ou on prend un système de coordonnées dans lequel la métrique est la plus régulière possible. Le seul frein à cette définition canonique des classes de régularité à partir de la donnée physique du champ de métrique, permettant de définir les classes de tous les champs, est le champ de courbure: si le champ de courbure est de classe C(n), alors les classes de régularités se définissent jusqu'à la classe C(n+2) pour les champs de vecteurs ou tenseurs liés au fibré tangent, et C(n+3) pour les champs indépendants du fibré tangent. Ainsi par rapport à cela, la classe de régularité du champ de courbure est nettement définie. Plus généralement, pour un espace fait de points avec ce genre de géometrie même plus irrégulière qu'on peut envisager en passant aux cas limites, les irrégularités pourront encore se définir comme courbures singulières, qui ne seront plus des fonctions mais des distributions en un sens étendu (en physique on n'est pas à un passage à la limite près). Etant toujours des courbures, bien que singulières, elles rentrent toujours dans les équations qu'on peut écrire sur la courbure.

Que dit l'équation d'Einstein

Elle relie linéairement la courbure de l'espace-temps au tenseur d'énergie-impulsion. La courbure étant calculable en termes de dérivées secondes du tenseur métrique dans un système de coordonnées local, cela signifie-t-il que tenseur métrique est deux fois différentiable ? Même pas: dans les situations physiques, le tenseur d'énergie impulsion est parfois discontinu (la densité de matière est discontinue à la surface d'une planète) donc à la frontière le champ de métrique n'est pas deux fois différentiable.

Malgré cela, la régularité est encore assez bonne: le tenseur d'énergie impulsion étant mesurable borné, cela permet de définir au sens des distributions les différentielles des champs d'une manière dont la régularité se définit à une fonction lipschitzienne près. Ceci dit, insistons, cette classe de régularité n'est nullement une hypothèse de la relativité générale. En effet, on n'a ici qu'une relation entre deux choses, la courbure et le tenseur d'énergie impulsion, reliant donc aussi par là leurs classes de régularités. Ce qui détermine finalement cette classe commune, c'est celle de l'énergie, donnée par le contexte physique, et dont la RG en elle-même ne dit rien. Le fait que la densité d'énergie soit finalement bornée, limitant ainsi l'irrégularité de l'espace-temps, n'est qu'une affaire de circonstance et non de principe: nous n'avons pas pour l'instant rencontré de forme matérielle dont la densité d'énergie soit illimitée dans un domaine d'échelle où son effet gravitationnel soit significatif (la plus grande densité étant celle des noyaux atomiques qui se retrouve dans les étoiles à neutrons, c'est encore une densité bornée où la relativité générale s'applique).

Justifications de l'équation d'Einstein

Si Einstein a posé son équation, ce n'est pas par caprice ou parce qu'il avait voulu supposer l'espace-temps deux fois différentiable, mais parce qu'il n'avait essentiellement pas le choix: c'est la seule équation qu'on peut raisonnablement écrire pour respecter le principe fondamental de la mécanique, celui de conservation de l'énergie-impulsion, et le principe encore plus fondamental dont il découle, le principe de moindre action:

1) Quelle que soit la géométrie de l'espace-temps pseudo-riemannien, on peut toujours voir cette équation comme tautologiquement vraie, comme une définition de l'énergie-impulsion. Alors sa conservation en résulte comme un théorème de géométrie.
2) Si on voulait envisager un autre tenseur d'énergie-impulsion que celui-là, les déformations de l'espace-temps videraient de son sens toute tentative d'écrire un bilan de sa conservation, qui dépendrait du chemin suivi. Donc, plus de conservation de l'énergie, et possibilité du mouvement perpétuel.
3) Cette équation est également l'expression précise du principe de moindre action, en définissant l'action du champ de gravité comme intégrale de la courbure scalaire (seule expression naturelle d'une action pour le champ de gravité).

Bien sûr, ça ne veut pas dire que c'est dans l'abolu la seule loi de gravitation possible, mais ça veut dire que c'est une grille de lecture particulièrement pertinente pour interpréter toute géometrie de l'espace-temps qui peut survenir. A savoir, que toute déviation du tenseur de courbure par rapport au tenseur d'énergie impulsion des particules et champs connus, se comprend comme l'effet de la présence de nouvelles particules ou de champs cachés. Ainsi, ca n'aurait pas vraiment de sens de parler d'une déviation de la géometrie de l'espace-temps par rapport à l'equation d'Einstein, tout ce qui aurait du sens et qui serait le sens sous-jacent de l'invocation précédente, serait l'introduction de nouvelles particules et nouveaux champs dont l'énergie perturberait le champs de gravitation.
Or, en prétendant supposer un espace-temps irrégulier, Nottale met la charrue avant les boeufs: la forme de l'espace-temps ne saurait être de l'ordre des hypothèses et lois fondamentales, mais pour que cela ait un sens il faudrait d'abord s'interesser à écrire les lois d'évolution de nouvelles particules et/ou champs irréguliers qui pourraient être les causes d'un tel champ de gravitation aux formes fractales.

Autrement, comment peut-on remettre en question l'équation d'Einstein qui n'est que la conséquence du principe de moindre action garant de d'impossibilité du mouvement perpétuel, sans daigner prendre la peine d'expliquer comment l'énergie serait encore conservée ? S'agit-il donc d'une remise en question de l'impossibilité du mouvement perpetuel ?

Cas de la gravitation quantique

(Note: je ne connais pas personnellement de théorie de la gravitation quantique, seulement ayant quelques notions de théorie quantique des champs je peux voir en gros les premières idées de problèmes qui surgissent quand on se pose la question de chercher une gravitation quantique; je ne prétends pas connaître les plus profondes difficultés qui peuvent venir quand on s’attaque effectivement au problème, et n’ai encore moins l’idée de solutions possibles, pour lesquelles je vous renvoie aux recherches existantes en gravitation quantique à boucles, géometrie non-commutative et théorie des supercordes; cependant je pense que ces vagues idées suffiront pour la présente argumentation)
Quand on veut passer a une théorie quantique de la gravitation, les raisons précédentes ne s’appliquent plus parce que:

- On n’a plus un espace muni d’une géométrie précise faite de points (différentiable ou non) mais pour le moins une superposition quantique infinie de géométries différentes manquant d’observateurs pour se réaliser. On ne peut donc pas définir canoniquement l’énergie par une équation d’Einstein en fonction d’une géometrie bien définie de l’espace-temps en un sens classique;
- L’énergie à conserver n’est plus une fonction mais un opérateur hermitien sur un espace de Hilbert
- La physique quantique remplace le principe de moindre action par celui d’une intégrale fonctionnelle quantique sur l’action, qui donne un comportement bien différent (avec possible dominance de fonctions non-différentiables) sans nécessiter de changer la formule de l’action, qu’on peut ici garder comme intégrale de la courbure scalaire. Cet autre principe est également connu pour donner un opérateur d’énergie qui se conserve.

Donc, se pose la question : en relativité d’échelle, quel est le principe fondamental de la mécanique qui est utilisé ? La moindre action, l’intégrale fonctionnelle quantique, ou bien un autre principe, mais alors lequel ? Et au nom de quoi cet autre principe pourra-t-il encore garantir la conservation de l’énergie et donc l’impossibilité du mouvement perpetuel ? Questions fondamentales qui ne semblent pas avoir traversé l’esprit de Nottale…

Lever l'hypothèse de différentiabilité, c'est donc :

- Sauf précisions contraires, lever l'impossibilité du mouvement perpétuel;
- enfoncer des portes ouvertes;
- N'avoir aucun sens de la physique, pour croire que cette hypothèse ait jamais existé, en tant qu'hypothèse (et non seulement en tant que conclusion).

Quant à laisser ses admirateurs prendre ceux qui n'admirent pas un tel coup de génie révolutionnaire pour de vieux bornés attachés à une hypothèse...

Réfutation du principe de relativité d'échelle au niveau classique

Que peut signifier le principe de relativité d'échelle de Laurent Nottale (qui d'ailleurs n'existe pas, mais faisons comme s'il y en avait un) ? Il énoncerait que les lois de la physique s'appliquent dans tous les référentiels d'échelle. Encore fallait-il avoir accès à sa définition de la notion de référentiel d'échelle, que j'ai trouvé dans son article " Relativité d'échelle, non différentiabilité et espace temps fractal".
Qu'est-ce qu'un référentiel d'échelle, d'apres ce texte ? C'est une approximation de l'état physique de la matière où on néglige tous les détails de taille inférieure à l'échelle considérée.

Essayons d'appliquer une telle définition (comme je ne crois pas qu'elle existe, et encore moins qu'elle existe suivant la maniere dont elle est expliquée dans cette référence, je ne suis pas responsable des aberrations qui en resultent) sur des exemples: à l'échelle macroscopique il y a une loi de la physique qui s'appelle la loi du frottement (d'un solide sur un autre), et qui s'exprime à l'aide d'un coefficient de frottement (scalaire). Il n'existe pas une telle loi à l'échelle atomique, ni à l'échelle galactique (puisqu'il n'existe pas de solide).
Prenons deux solides identiques à l'échelle macroscopique, faits de la même matière mais tels qu'à l'échelle microscopique l'un est lisse et l'autre rugueux. Alors la loi du frottement macroscopique ne s'applique pas avec le même coefficient sur les deux.

On pourrait multiplier les exemples à l'infini: quelles lois de la physique déterminent le comportement d'une fourmilière si les fourmis sont approximées par des points ? Le comportement d'un ordinateur et de son imprimante si le microprocesseur est approximé par un point, ou si on néglige l'état particulier de chaque bit de mémoire vive ? D'un organisme vivant si on néglige l'information portée par son ADN, les virus qui se propagent dans l'air, ou le mouvement et la constitution des molécules qui transmettent l'information nerveuse motrice ?

On sait que les phénomènes physiques ont des propriétés très différentes suivant les échelles. Que la physique classique ne peut rendre compte du paradoxe EPR de la physique quantique, qui est incompatible avec la description des propriétés de la matière "à l'échelle macroscopique" au sens du principe de relativité d'échelle c'est-à-dire à partir d'une description où on supprime toute information sur l'état quantique (microscopique) des systèmes.

Cette transition peut s'expliquer ainsi:
La loi fondamentale de la physique est la mécanique quantique, qui s'exprime à l'échelle atomique. C'est ainsi, parce que la mécanique quantique énonce que le nombre des états possibles d'un sytème physique (à savoir, la dimension de l'espace de Hilbert) est limité par le volume spatio-temporel et la quantité d'énergie disponibles pour le système. Ainsi pour l'atome avec les énergies de liaisons covalentes, ainsi pour les excitations des noyaux atomiques qui nécessitent une grande énergie et qui n'arrivent donc qu'exceptionnellement dans les conditions courantes. Il suffit à la précision de la description d'énumérer la liste complète finie des états quantiques possibles dans ce domaine de volume et d'énergie, sans aller chercher les précisions des mécanismes aux échelles inférieures, car cela ne peut apporter tout au plus que quelques corrections mineures aux lois de probabilité qui se calculent par la théorie, en sorte que la probabilité soit forcément faible (au sens du hasard quantique) qu'il en résulte un comportement différent de celui attendu.

Quand on regarde à des échelles supérieures, le nombre d'états possibles explose. Si on prétend faire des approximations aux échelles supérieures, c'est-à-dire qu'on limite la quantité d'informations disponibles sur le système, cela implique de confondre des états qui étaient quantiquement distincts. Alors certes il y a la mécanique statistique avec sa notion d'entropie, qui présente ce genre de considération. Mais alors, d'abord on remarque qu'il s'agit d'un phénomène nouveau par rapport aux descriptions quantiques, mais surtout cela n'est pas satisfaisant: le nombre d'états quantiques explosant, le regroupement de ces états en classes d'équivalence d'états qui se ressemblent ne peut pas compenser la multiplication du nombre de classes d'équivalence, autrement dit des états qui ne se ressemblent pas.
Or, d'après les exemples que nous venons de décrire précédemment, aborder le problème du regroupement des états en classes d'équvalence en termes d'approximations d'échelles (confondant les détails suivant le critère de leur petitesse) n'est pas pertinent.

En conclusion, non seulement les paramètres des lois de la physique diffèrent suivant les échelles, non seulement ce ne sont pas les mêmes lois qui s'appliquent à des échelles différentes, mais, tandis qu'à l'échelle atomique il existe des lois de la physique (à savoir la physique quantique), par contre aux échelles macroscopiques (grandes devant l'échelle atomique) suivant sa définition des référentiels d'échelle, il n'y a pas de loi de la physique du tout qui puisse s'appliquer au sens rigoureux du terme, en dehors bien sûr des quelques contraintes de bilan style conservation globale de l'énergie, de la quantité de mouvement et de la charge électrique dont traite la relativité générale.

Il rejette la mécanique quantique...

La démarche de Nottale est de nier et rejeter la mécanique quantique dans ses fondements pour revenir à vision du monde relavant de la métaphysique classique.
Au nom de quoi rejette-t-il les fondements quantiques ? A la lecture de ses motifs exposés dans "Fractal Space-time and Microphysics",  du fait que, étant basée sur une liste de plusieurs axiomes non intuitivement évidents à priori, elle serait "mystérieuse", en manque d'"explications". Quoi de mal à nécessiter plusieurs axiomes ? La géométrie euclidienne aussi nécessite plusieurs axiomes pour être définie, qui ne sembleraient pas évidents à qui n'aurait jamais vu un espace, mais ce n'est pas pour cette raison-là qu'elle est à rejeter il me semble. Car ce au profit de quoi elle fut remise en question, comme la relativité générale, ne serait guère plus aisé à axiomatiser.
Même la théorie des ensembles nécessite plusieurs axiomes, alors...

...en fermant les yeux sur ses résultats pourtant bien établis expérimentalement

Tout physicien théoricien qui se respecte devrait savoir que les conséquences déjà bien vérifiées de la physique quantique ont désormais définitivement réfuté toute tentative d'explication de la physique par des lois qui à la fois:
- locales et relevant d'une métaphysique classique, c'est-à-dire décrivant un univers fait d'un espace topologique (la question de sa différentiabilité n'y change strictement rien) où en chaque lieu les systèmes physiques possèdent un état précis ayant le titre de réalité, et les lois de la physique s'expriment par des relations locales (ceci inclut le cas de lois probabilistes et la possible présence de variables physiques inobservables)
- où aucune information ne se transmet plus vite que la lumière (en particulier, les conceptions compatibles avec le principe de relativité restreinte et satisfaisant la condition précédente entrent dans ce cas)

Pour vraiment comprendre le pourquoi de cette conclusion, il est nécessaire d'examiner les détails de la démonstration, qui s'appuie sur le fameux paradoxe EPR et sa violation des inégalités de Bell qui est bien vérifiée expérimentalement. Les gens qui ne sont pas au courant sont donc invités à s'instruire à ce sujet, par exemple par la lecture du livre "Introduction à la physique quantique" de Valerio Scarani; ou des références sur le paradoxe EPR et la violation des inégalités de Bell qui a été vérifiée expérimentalement (je profite pour rappeller que j'ai fait une présentation du paradoxe EPR dans mon texte de relativité).

Bien sûr cela ne fige pas complètement la manière dont on peut concevoir la physique, mais oblige, tant qu'on veut garder le principe de relativité donc, à rejeter les idées métaphysiquement classiques et ne considérer donc que des théories de type quantique, autorisant des combinaisons linéaires quantiques d'états globaux de systèmes et les corrélations qui en résultent, avec un rapport à l'observation conforme, du moins en approximation, avec ce qu'en énonce la MQ. Ainsi par exemple la théorie quantique des champs ne s'exprime pas exactement (en apparence) dans le même langage que la mécanique quantique de base mais préserve en substance cette situation.

Or la vision du monde que propose Nottale relève clairement d'une métaphysique classique. C'est donc un retour en arrière et la voie du ridicule dans la mesure où il prétend étendre le principe de relativité, alors que pour avoir une chance de rendre compte des résultats expérimentaux suivant une métaphysique classique il faudrait nécessairement rejeter le principe de relativité.

Expliquons maintenant pourquoi même le seul fait de concevoir un espace-temps comme un espace topologique "fractal" fait de points avec une structure géométrique non plate et en évolution suivant de quelconques lois de la physique, et dedans, des systèmes physiques (particules...) à la structure fractale également, constitue un retour en arrière par rapport à la physique quantique.

Bien sûr, en mécanique quantique ordinaire l'espace-temps est un espace plat, ensemble de points, mais c'est parce que ce n'est pas l'objet de la théorie mais son cadre. Par contre les objets de la mécanique quantique ne sont pas définis par des figures géométriques en un sens classique, en particulier la "trajectoire" de l'électron n'est pas définie comme ensemble d'évènements.

Mais si l'espace-temps n'est pas plat mais a une forme assujettie à de quelconques lois physiques, il a alors plusieurs états possibles en chaque lieu, et, ces états dépendant de conditions liées à la matière, en vertu de la mécanique quantique on pourra toujours faire des combinaisons linéaires quantiques entre ces états de l'espace-temps, de sorte que l'espace-temps ne sera pas fait d'évènements définis avec certitude, au sens des états purs de la physique quantique.

Ceci nous amène donc forcément au-delà de toute notion "classique" d'espace-temps, je ne veux pas dire en particulier l'espace-temps de Galilée, ou de Minkowski, ni même de la relativité générale, mais toute notion d'espace-temps comme espace topologique fait de points et muni d'une quelconque structure géométrique. Le rejet soi-disant révolutionnaire par Nottale de l'hypothèse de différentiabilité ne change rien à cette affaire: différentiable ou pas, tout espace-temps défini comme ensemble d'évènements formant un espace topologique, est un espace-temps classique c'est-à-dire non quantique.

Voilà donc, sa théorie étant métaphysiquement classique et relativiste, même s'il arrive à construire quelque chose qui obéit à une équation ressemblant à celle de Schrödinger, il ne pourra jamais rendre compte des résultats de la théorie quantique. Je n'ai jamais lu ailleurs l'affirmation que l'équation de Schrodinger à une particule (et à une dimension), en tant qu'équation aux dérivées partielles, était sensée manifester l'étrangeté de la mécanique quantique, son caractère fondamental. Le paradoxe EPR, si.

Pour restituer avec l'équation de Schrödinger l'essence de la physique quantique (qu'il y ait une correspondance de nature), il faudrait au moins pouvoir lui associer l'axiome de la mesure quantique. D'ailleurs, voir dans les messages de newsgroup quelqu'un affirmant avoir constaté que cela ne correspond pas.

Quelqu'un m'a écrit:

"Concernant la non compatibilité du phénomène EPR et la relativité d'échelle, on peut faire la même critique concernant la relativité générale qui est incompatible avec la mécanique quantique"

Aucun rapport; il faut vraiment ne pas connaître la physique pour imaginer des analogies pareilles. D'ailleurs c'est faux: il n'y a pas d'incompatibilité entre physique quantique et relativité générale. Il y a seulement des difficultés dans les développements de leur étude conjointe, certes très grandes sur le plan technique quand on rentre dedans mais dont des pistes de résolutions possibles sont actuellement explorées, à grand renforts de travaux très pointus, par le développement de la gravitation quantique à boucles et des supercordes. L'idée d'une incompatibilité fondamentale inscrite dès les hypothèses de départ n'est qu'une élucubration de Laurent Nottale: précisément de la manière dont il prétend rendre compte de cette soi-disante incompatibilité dans son livre "la relativité dans tous ses états" c'est une contre-vérité, déformation éhontée d'un stupide compte-rendu de vulgarisation que ne défendrait aucun physicien théoricien de la théorie quantique des champs qui se respecte.
Mais l'important ici c'est qu'il ne s'agit pas d'une lointaine incompatibilité de théories incapables de répondre sur des aspects limites apparaissant dans des conditions échappant au domaine expérimental qui nous est accessible, mais d'une question claire et directement observable de façon expérimentale: la violation de l'inégalité de Bell sur les particules corrélées. Cela a été observé, c'est donc un fait. Ce que la relativité d'échelle nie dans son principe puisqu'elle est une théorie classique, n'incluant pas les superpositions globales d'états de l'espace-temps. Bien sûr ce qui permet à la RG de garder une valeur contrairement à la RE c'est que la relativité d'échelle prétend englober les phénomènes quantiques et le prétend donc à tort, tandis que la relativité générale ne le prétend pas (mais se place explicitement dans la catégorie des interactions classiques en attente de quantification, et s'applique donc logiquement aux phénomènes situés dans la limite classique).

Réfutation du modèle fractal de l'espace-temps à l'échelle quantique

Enfin, voici ce que je pense avoir compris de la forme de l'espace-temps, par une intuition également non-rigoureuse et qui ne me semble même pas originale, par rapport à quoi les propositions de Nottale s'avèrent finalement très frileuses.

Bien que je ne sois pas un spécialiste, ce que je sais en gros intuitivement de la théorie quantique des champs de par l'odeur qui s'en est dégagée de ce que j'ai appris et ce qu'on m'en a raconté, se décrirait de la manière suivante:

Considérons une échelle de résolution spatiale suffisamment fine pour que, étant données les limites d'énergie disponibles dans le système, la liste des états quantiques possibles de ce qui est contenu dans un "pixel" de la taille de cette résolution et ne dépassant pas cette énergie, puisse être énumérée. Suivant cette résolution, on peut faire une description approximative de l'état quantique du système, comme combinaison linéaire quantique de configurations construites comme assemblages des états "élémentaires" des pixels d'énergie limitée ci-dessus mentionnés. Peu importe qu'on parle en termes de pixels ou de régularisation différentiable (cut-off...), l'important est ce schéma de décomposition de l'état d'un système global comme combinaison linéaire quantique de configurations de détails ayant une finesse donnée.

Ensuite, quand on zoome, qu'est-ce qu'on trouve ?

Si tout était différentiable, on ne trouverait pas de nouveaux détails et tout serait lisse.

Si tout était fractal, il n'y aurait pas un nombre fini d'états possibles pour chaque pixel, parce qu'en zoomant à l'intérieur du pixel on trouverait de nouveaux détails, et de nouvelles informations, en contradiction avec ce qu'on a dit, à savoir qu'il n'y a au total réellement qu'un petit nombre fini d'états possibles du système physique contenu dans ce pixel dans les limites d'énergie données, sans avoir besoin de chercher les détails à des résolutions plus fines.

Non bien sûr, ce n'est ni l'un ni l'autre. Alors c'est quoi ? Eh bien, c'est que l'état simple d'énergie limitée à l'intérieur de chaque pixel, est lui-même constitué d'une combinaison linéaire quantique de multiples configurations possibles de détails plus fins. Donc oui il y a des détails, mais l'analyse de ces détails par adoption d'une résolution plus fine est indissociable du fait de réaliser une nouvelle décomposition de l'état quantique de départ en superposition quantique de multiples configurations.
Ainsi donc, les configurations possibles des détails sont nombreuses, et leurs combinaisons linéaires quantiques le sont aussi, mais parmi ces combinaisons, il n'y en a qu'un petit nombre qui respectent la limitation d'énergie disponible qu'on avait supposée au départ, c'est pourquoi extérieurement cela apparaît comme n'étant qu'un petit nombre d'états possibles du système. Et extérieurement toujours, on retrouve une sorte de différentiabilité du système malgré le fait qu'il comporte des détails à toutes les échelles, au sens suivant: c'est que dans l'espace de toutes les configurations possibles des détails à une certaine échelle fine (chaque configuration étant une sorte de fractale aux détails limités par cette résolution), la fonction amplitude de présence des configurations (fonction définie sur l'ensemble des configurations) dans la décomposition de chacun de ces rares états globaux d'énergie limitée, est une fonction différentiable par rapport aux déformations qu'on peut exercer sur les configurations.

Alors, quel est au fond l'état d'un système ? Pour pouvoir le décrire comme fractal, c'est-à-dire ayant des détails à toutes les échelles, il faudrait avoir effectué toutes les décompositions de ces superpositions quantiques de détails présents à chaque échelle et en chaque lieu. Plus on décompose ainsi par l'examen de détails de plus en plus fins, plus les termes de la décomposition sont nombreux et à l'amplitude de présence faible chacun. Chaque détail n'est finalement que l'expression du choix qu'on a effectué du terme de la décomposition lorsqu'on a affiné l'examen en le lieu de ce détail. A la limite, chaque fractale idéale comme objet non-différentiable avec infiniment de détails obtenue par la suite infinie des décompositions à toutes les échelles, a une amplitude de présence nulle. Les lois de la physique étant locales et non globales, les détails obtenus en un endroit d'un système ne sont quasiment pas corrélés aux détails en un autre endroit (sauf un peu via l'interaction par le milieu intermédiaire...), il n'est donc pas pertinent d'en donner une image de fractale donnant les détails en plusieurs endroits (ou alors il faudrait donner toutes les images correspondant à tous les termes de la combinaison, dont la liste explose avec la finesse de la résolution demandée, ce qui n'est pas humainement une bonne manière d'intuiter la sitation).

En conclusion, quelle est la forme de l'espace-temps ? Puisque d'après la relativité générale sa forme dépend de la matière, et que d'après la physique quantique la disposition de la matière est indéterminée et sujette aux superpositions quantiques, il s'ensuit que la forme de l'espace-temps est elle-même sujette à de telles superpositions.

Reprenons la description précédente, et voyons ce que devient l'espace-temps au cours des zooms successifs.
Une fois donné l'état d'un système à une résolution (donc, ayant donné une forme de l'espace-temps à cette résolution), affinons la résolution et voyons ce qu'on obtient.
On obtient, nous disions, une combinaison linéaire quantique de plusieurs configurations possibles de détails. A chacune de ces configurations correspond, d'après la relativité générale, une certaine forme de l'espace-temps, donc un espace différent. Si on voulait identifier un pixel fin d'une de ces configurations à un d'une autre appartenant à cette combinaison linéaire, il faudrait préciser quel homéomorphisme on choisit entre ces mini morceaux d'espace-temps parallèles. Puisque leur géométrie est différente, on est mal à l'aise pour trouver un homéomorphisme canonique. Donc il ne semble pas pertinent d'identifier entre eux les morceaux d'espaces-temps portant les différents termes de la combinaison.

Finalement, que serait un point évènement ? A chaque étape du zoom, un point ou pixel donné n'existe que pour un des termes choisis de la combinaison linéaire quantique. Pour désigner ce pixel, il faut préciser quel terme de la combinaison on considère.
Pour désigner un point idéal, il faut zoomer à l'infini, et à chaque étape du zoom sélectionner un des termes. L'amplitude d'existence du point cherché est donc d'autant plus affaiblie. A la limite d'un zoom à l'infini, on arrive à un point dont l'amplitude d'existence tend vers zéro.
Voilà pourquoi les points de l'espace-temps n'existent pas.

Alors, vous voyez pourquoi comparée à cela, l'idée d'un espace-temps comme espace continu et non différentiable constitué d'un ensemble bien déterminé de points me fait bien rigoler.


Sur son site

Ce qu'on y trouve:

- L'annonce de ses avancées et résultats. C'est-à-dire la liste interminable de tous les résultats et toutes les observations de la physique actuelle, qu'il prétend expliquer par sa théorie. La même chose que dans son livre grand public finalement, mais en plus énergique.
Le problème, c'est qu'en lisant cela on n'apprend rien. On trouve l'affirmation qu'il a tout redémontré, mais aucune affirmation supplémentaire éventuellement testable pour l'avenir ou qui permette de nous éclairer sur la manière dont il aurait effectivement redémontré tout cela.
De plus, cette liste n'est pas intéressante à donner et est un grand gaspillage de temps de lecture, puisqu'elle énumère essentiellement tout ce qu'on sait, et qu'il serait donc beaucoup plus rapide de préciser ce qui reste qu'il ne prétend pas avoir expliqué. C'est encore là au minimum un manque de bon sens que de ne pas daigner épargner la sueur des lecteurs consciencieux de cette manière.


- Enfin, en cherchant bien, j'y ai trouvé son Explication de l'électromagnétisme et de son groupe de jauge par sa variable d'échelle et son principe de relativité d'échelle. Précisément, il "explique" l'invariance de jauge U(1) de l'électromagnétisme, qui, à ce qu'il dit, manquait cruellement d'explication parce qu'on ne pouvait pas construire ce fibré à l'aide seulement des dimensions d'espace-temps et donc on ne savait pas d'où il venait, en le réduisant à sa nouvelle variable d'échelle. Ainsi, le groupe de jauge U(1) est réduit au groupe des changements d'échelle.

Mes réactions:
- Il prétend expliquer une chose symétrique comme étant faite de quelque chose de manifestement dissymétrique (puisque, comme remarqué plus haut, la symétrie d'échelle est partout brisée). Première contradiction. En effet, le propre d'une chose symétrique est qu'on n'a pas besoin de la construire ni de l'expliquer, si ne n'est d'expliquer pourquoi elle n'est pas construite au moyen de choses dissymétriques justement.
- Il ne respecte pas la symétrie de son signe. En effet, la charge et donc la variable de jauge change de signe quand on passe à l'antimatière ou quand on renverse le temps (symétrie qui serait brisée dans certaines particules exotiques il me semble mais bon), mais l'inversion d'une homothétie porte à conséquence.
- Super, l'isomorphisme entre U(1) et le groupe multiplicatif de R+ des changements d'échelle.
- Il parle de dérivée covariante d'échelle. Pour ce que je sais des dérivées covariantes, correspondant à un groupe de jauge donc, ou bien elle est plate ou elle est courbe. Si elle est plate elle est triviale, et si elle est triviale il ne s'y passe rien. Or, concernant la variable d'échelle, il est évident qu'elle est trivale, justement parce qu'on ne peut pas grossir une molécule d'eau pour lui donner une largeur de trois mètres rien qu'en lui faisant faire un bout de chemin. Concernant l'électromagnétisme, l'intérêt de la connexion U(1) c'est justement sa courbure. Aucune similitude de comportement en vue, donc.

Analyse d'un article

Une discussion sur fr.sci.physique m'a amené à conclure par le message suivant (légèrement réarrangé ici):

... je viens de faire l'effort de me pencher une nouvelle fois attentivement sur son article
" Relativité d'échelle, non différentiabilité et espace temps fractal"


Là encore, je me permets d'en juger d'après ce qui est contenu dans son article sans aller voir les ouvrages qu'il cite. S'il est vraiment sincère et n'a rien à cacher il doit expliquer clairement à ses lecteurs le sens de ses formules dans un article gratuitement téléchargeable sans s'appuyer sur autre chose.
Mais surtout, en l'occurence, les affirmations et argumentations présentes dans ce texte ont suffisamment "l'air" de se suffire à elles-mêmes pour que, si elles sont honnêtes, elles ne seront pas certainement pas mieux expliquées ailleurs sous peine de se contredire.
Je ne vois pas comment il pourrait ailleurs leur donner un sens défendable sans trahir le semblant d'articulations qu'il donne ici. Ses affirmations sont "claires", et clairement absurdes.

En gros, sa démarche c'est comme dans la cour de récréation où on calcule l'âge du capitaine en fonction de la température de l'air et autres paramètres du même style, sauf qu'au lieu d'utiliser simplement les opérations d'addition, de soustraction et de multiplication pour relier les variables, on utilise les formules de Lorentz et on appelle ça de la relativité restreinte d'échelle. Et tous ses autres développements sont de la même veine: il ne définit rien de ce qu'il introduit, il se contente de vernir des non-sens d'une teinture mathématique par son usage de formules à tort et à travers. Ou pour le dire autrement, de recoller ensemble des formules de diverses théories valides de manière aléatoire pour en faire un amas informe.

C'est bien pire qu'un "manque de fondement épistémologique pour le principe de relativité d'échelle": il ne définit rien, ses propos et formules n'ont pas de sens.

Plus concrètement:

Bien sûr le théorème de Lebesgue il est vrai, ya rien à y redire.

- Bon, on introduit le epsilon comme servant à régulariser les fonctions par une formule comme (2). C'est bien gentil mais je ne vois pas le rapport avec la suite où ce genre de formule fondatrice n'intervient nulle part concrètement. Surtout pas dans son interprétation de l'électromagnétisme.

- Il définit sa dérivée d'échelle comme étant la dérivée par rapport à la variable d'échelle à position constante. Bon, ça veut dire que la notion de position (d'évènement) est définie indépendamment de l'échelle. Donc son espace-temps est un bel ensemble de points mathématiques indépendamment de l'échelle. Comme à une échelle donnée on peut dériver par rapport à ses coordonnées, donc ses coordonnées sont lisses et indépendantes de l'échelle, donc elles sont lisses dans l'absolu. Donc l'espace-temps est différentiable.

- "Changeons l'origine du système de coordonnées" (10): son +L1 indépendant de l'échelle est issu de nulle part, n'a aucun sens.

- Formule (19): je défie quiconque de donner quelque justification que ce soit à ce parachutage de l'indice mu comme correspondant aux coordonnées d'espace-temps, d'une manière géométrique c'est-à-dire indépendant du système de coordonnées choisi (invariant par isométrie). Autrement dit, donner un sens à l'expression "les quatre résolutions spatio-temporelles" qui en fasse les composantes d'un quadrivecteur spatiotemporel.

Ca suffit ou il en faut d'autres ?
....
Les citations sont issues de la version française de ces chapitres disponible sur le site de Philippe Girard.

Fractal space-time and microphysics, chapitre 1

une théorie qui nous permettrait de les déduire de principes fondamentaux (...) un tel principe fondamental sur lequel une théorie des lois d'échelle pourrait se fonder existe: il s'agit du principe de relativité lui-même.
En contradiction avec
Mais ici, `principe de relativité' doit être compris en un sens plus général que son application à telles ou telles lois particulières: il s'agit d'une méthode universelle de pensée

Une méthode de pensée n'est pas un principe fondamental. En effet, un principe fondamental est une idée particulière finie, tandis qu'une méthode de pensée peut s'exercer sur de nombreux concepts aux fondements très différents. Par exemple, ma philosophie politico-économique est une méthode de pensée et non un principe fondamental, même s'il y en a nombre d'applications pouvant s'exprimer de façon assez satisfaisante par des principes relativement simples (qui sont la seule chose qu'il soit possible de présenter en fait, puisqu'une méthode de pensée ne se définit pas). Mais à cause de sa dimension humaine, l'économie n'est pas la même chose que la physique. Ce qui fait la force de la physique, c'est justement qu'elle est réductible, à savoir qu'on peut la fonder sur des principes exacts particuliers (même si son fondement mathématique n'est pas clair comme pour l'intégrale fonctionnelle en TQC qui est bien malgré tout une formule exacte à développer).

les lois de la nature doivent s'appliquer à tous les systèmes de référence, quel que soit leur état


ce qui ne veut rien dire tant qu'on n'aura pas précisé de quelles lois il s'agit, si elles s'appliquent de la même manière ou de manière différente, etc. Il faudrait aussi définir ce qu'est un système de référence, et ce qu'est un état d'un système de référence. Avec la relativité restreinte c'était clair, la notion de référentiel galiléen était définie explicitement.
Apparemment, il prétend revenir ensuite d'une méthode de pensée générale à un principe particulier, à savoir le principe de relativité d'échelle. Mais invoquer l'intersection d'une méthode de pensée avec un sujet particulier ne saurait sérieusement tenir lieu de définition du fameux principe invoqué. Surtout pas si la méthode de pensée en question consiste à tout interpréter de travers et à réciter comme des perroquets des phrases toutes faites vidées de leur sens et n'ayant qu'une ressemblance sonore superficielle avec les principes, exprimés dans leur forme littéraire, sur lesquels les théories de la relativité restreinte et générale sont fondées.

(y compris la brisure de symétrie vers l'indépendance d'échelle)


Je croyais qu'une brisure de symétrie consistait à passer à une dépendance par rapport à quelque chose dont on ne dépendait pas avant...

Groupes de renormalisation: c'est un sujet hyperpointu de la physique moderne, dont le raisonnement est très difficile à suivre. Si c'est là-dedans qu'il fourre la vraie expression de son principe de relativité d'échelle, alors il n'y a clairement aucune chance que le grand public soit dans le coup...
Donc, ainsi réfugié dans des arguments très difficilement vérifiables, il a beau jeu de constater la quasi-absence de contradicteurs "sérieux". Pendant ce temps il est libre de continuer à raconter n'importe quoi au public...

il y a de toute façon transition de la dépendance d'échelle quantique à l'indépendance d'échelle classique au niveau de la longueur et du temps de deBroglie. Cette combinaison d'une symétrie (la relativité d'échelle lorentzienne) et de sa brisure spontanée conduit finalement à de nouvelles lois de dilatation, dans lesquelles apparait une échelle universelle, minimale, indépassable (vers les petites échelles),


Mais puisque, comme énoncé, vers les petites échelles la "brisure de symétrie" invoquée n'a pas eu lieu ??

Nous proposons que cette échelle explicite en fait la nature profonde de la constante cosmologique, précisément définie comme l'inverse du carré d'une longueur invariante,

Et pouquoi donc ??? La constante cosmologique est une notion bien définie en relativité générale, qui n'a pas besoin d'une autre "nature profonde". D'autre part, s'il y avait un rapport entre ces deux notions, il n'y aurait nul besoin de "proposer" d'y voir rapport, mais il faudrait expliciter ce rapport et le démontrer. Ah oui au fait évidemment j'oubliais, pour qu'un rapport entre deux notions puisse être démontré il faudrait d'abord que ces notions aient été clairement définies, autrement dit que leur nature ait été donnée. La constante cosmologique étant une notion bien définie, par élimination... au fait, laquelle des deux notions devait expliquer l'autre ?

Cela ne permet même pas d'éclairer "par symétrie" la signification que pourrait avoir à l'autre extrême cette longueur minimale qu'est la longueur de Planck.

Chapitre 2

La relativité générale est une théorie fondée sur des principes physiques fondamentaux: covariance générale et principe d'équivalence. Son outil mathématique apparaît comme un moyen naturel de mise en oeuvre de ces principes. Au contraire la mécanique quantique reste une théorie purement axiomatique. Elle se fonde sur des règles mathématiques qui n'ont pas, jusqu'à présent, pu être comprises à partir de mécanismes plus fondamentaux.

Je ne vois pas la différence. La seule différence, c'est que les principes de la relativité générale sont facilement popularisables. Ceux de la mécanique quantique le sont moins, mais ils existent: "équivalence" avec la mécanique statistique avec le facteur exp (iS/hbar) au lieu d'une exponentielle réelle décroissante; invariance de jauge dont la parenté profonde avec le principe d'équivalence de la relativité générale n'a échappé à aucun physicien.
il ne faut pourtant pas oublier que la relativité générale reste une théorie partiellement locale (son outil fondamental, l'élément de métrique, est de nature différentielle) et est peut-être insuffisante pour appréhender la topologie globale de l'univers.

Et pourquoi faudrait-il qu'il y ait une théorie pour prédire la topologie globale de l'univers ? Les théories font des prédictions de résultats comme dépendant des conditions initiales et des conditions aux limites du système. Si la théorie devait aussi prédire les conditions initiales ou les conditions aux limites, on ne pourrait pas faire plusieurs expériences avec des conditions différentes, ce qui est absurde. Pour la même raison, je ne vois pas le problème à admettre la topologie de l'univers comme une affaire contingente (contextuelle), éventuellement reliable à ce qui a pu se produire lors du big-bang si on arrive à l'appréhender...
Si on veut faire une théorie physique non locale, elle permettra sans doute de transmettre de l'information plus vite que la lumière, en contradiction avec ce qu'enseigne la relativité (même la non-localité de la physique quantique peut se voir comme quelque chose de local en un certain sens...).

Rappelons l'énoncé qu'Einstein a donné du principe de relativité générale...

Bof, le vrai sens de cet énoncé est de relativiser le choix d'un système de coordonnées, exprimant l'emploi de coordonnées non cartésiennes mais curvilignes, les coordonnées cartésiennes n'étant plus possibles. Le présenter en termes d'un principe de relativité du mouvement est en fait une approche assez éloignée des principes, puisque la notion de mouvement n'est pas fondamentale mais est une construction en termes de perceptions familières. Pour faire une analogie qui tienne la route sérieusement ce n'est pas ainsi qu'on y arrivera.

D'ailleurs nous allons démontrer en Sec. 6.4 que ce postulat supplémentaire n'est pas nécessaire pour obtenir la transformation de Lorentz, qui est en fait la transformation la plus générale qui satisfait au principe de relativité restreinte, dès sa forme galiléenne.


Cette démonstration est un classique de la relativité restreinte, ce qui n'avance pas la définition d'un principe de relativité d'échelle.

La traduction mathématique du principe de relativité est la covariance générale:3 "les lois générales de la nature doivent s'exprimer par des équations valables dans tous les systèmes de coordonnées, c'esdt à dire qui restent covariantes dans toutes leurs transformations ".

Certes en un sens. Mais je ne vois pas le rapport avec les référentiels d'échelle, dans lesquels par définition et contrairement à ce qui est valable ici, on a détruit beaucoup d'information sur l'état physique des systèmes puisqu'on en fait des approximations, à partir de quoi il n'y a plus d'équation à exprimer.

Il semble clair à la lecture des axiomes qui précèdent que l'essence du caractère mystérieux de la mécanique quantique peut se ramener à la question : où se trouve le plan complexe de la mécanique quantique ? Nous allons dans le présent livre proposer une solution à ce puzzle en montrant qu'un plan complexe émerge naturellement dans l'espace-temps (ou plutôt dans l'espace des vitesses) à partir du moment où l'on abandonne l'hypothèse (arbitraire) de différentiabilité de l'espace-temps.

Ce plan complexe, autrement dit cette notion de phase des états quantiques, est justement l'expression d'un principe de relativité propre à la physique quantique, qu'on pourrait appeler le principe de relativité des phases: la phase d'un état quantique ne peut pas se mesurer dans l'absolu mais seulement relativement à une autre phase, par interférence.
Vouloir réduire cet objet à autre chose lié à l'espace-temps, c'est aller à l'encontre de ce principe de relativité.

Plus généralement, les autres principes de relativité qu'on rencontre en physique quantique, à savoir les invariances de jauge, sont d'autant mieux des principes de relativité authentiques et riches qu'ils sont indépendants de notre espace-temps à 4 dimensions. Ils se rapportent à ce qui ressemble à des dimensions supplémentaires, et les théories des cordes basées sur des espaces de dimension nettement supérieure à 4 portent justement l'espoir d'interpréter ces invariance de jauge comme correspondant aux dimensions supplémentaires de l'espace physique, au-delà de nos 4 dimensions d'espace-temps. D'ailleurs, on peut remarquer que c'est une grande avancée de la théorie de la relativité que de nous projeter dans un espace de dimension 4, au-delà de notre habitude d'un espace à 3 dimensions, et de profiter des invariances par rotation dans cet autre espace. Que répondre à la question naïve des gens à qui on parle de la relativité pour la première fois : "Mais où se trouve donc la quatrième dimension ?" ? Eh bien... elle ne se trouve pas dans nos 3 dimensions d'espace en tout cas. Pour la même raison, la recherche d'une construction des autres invariances de la physique quantique comme construites à partir de notre espace-temps de dimension 4 (comme il annonce à la fin de son article ci-dessus mentionné au sujet de l'interaction faible) me semble insensée.  Cela détruirait tous les principes de relativité largement établis à ce jour en tout cas.

Deux explications valent mieux qu'une

Il avait déjà expliqué, comme nous disions, la nature du caractère relatif de la phase de la fonction d'onde d'une charge, autrement dit l'intervention du groupe de jauge U(1) de l'électromagnétisme, en identifiant cette fonction de phase à la variable d'échelle. Mais ici dans son livre (partie ne figurant pas dans les chapitres ici reproduits mais qu'au peut voir traîner ailleurs), il explique en plus la nature complexe de la fonction d'onde en définissant sa partie réelle et sa partie imaginaire comme représentant respectivement la demie-somme et la demi-différence des dérivées à gauche et à droite de la ligne d'univers fractale de la particule. Je ne sais pas comment il fait pour expliquer qu'une variation du champ d'échelle suivant un certain facteur (lequel ?) entraîne un échange des dérivées à gauche et à droite. Probablement cela signifie-t-il qu'avec les charges il y a de la spirale dans l'air, qui tourne d'un demi-tour quand on la zoome d'un certain facteur, mais alors on se demande pourquoi il ne l'a pas écrit explicitement. Peut-être la ligne d'univers aurait des détails en spirale à toutes les échelles. C'est bien gentil, mais pourquoi ? Oh vous savez, il ne faut surtout pas poser trop de questions. On était partis de correspondances hypothétiques posées au hasard entre les effets, et là nous voyons qu'en grattant un peu cela devait reposer sur telle forme un peu plus précise, mais dont on ne voit nul mécanisme raisonnable susceptible de l'engendrer. Bon, mais ce n'est pas le tout, car s'il y a des spirales, dans quel sens tournent-elles ? Dans le sens du spin peut-être ?? Il n'y a pourtant aucune nécessité de principe à ce qu'une particule chargée ait un spin. Et dans l'espace-temps de dimension 4 ça donne quoi ??
Trève de prise de tête, ne cherchons pas si loin, mais reportons-nous au théorème d'analyse suivant que tout étudiant en mathématiques devrait savoir redémontrer en exercice:

Théorème. Si f est une fonction continue d'un intervalle de R dans R, partout dérivable à gauche et dont la fonction dérivée à gauche est continue, alors f est dérivable (donc f est dérivable à droite et ses fonctions dérivée à gauche et à droite sont égales).
CQFD.

L'opération consistant à localiser un événement a les propriétés suivantes

Suit un mélange de choses faussement comparables, qui embrouillent les idées.
Je réordonnerais tout cela en les catégories suivantes:

1) La définition d'une structure mathématique sensée représenter l'espace: un espace affine, une variété riemannienne, une variété topologique, une géométrie non-commutative ou tout ce qu'on voudra; toute autre structure mathématique construite dessus et sensée représenter les objets physiques (champs comme applications ou distributions, etc), et l'expression de telle ou telle loi de la physique comme relation mathématique entre ces structures.
Il s'agit là de lois de la physique supposées exactes dans la mesure des expériences qui ont pu être réalisées, et cette supposition se base sur la globalité des expériences très diverses réalisées dans le passé, via l'hypothèse de plausibilité suivante: c'est que "vraisemblablement", telle ou telle sorte d'écart (erreur, approximation) d'amplitude significative (de tel ordre) séparant d'un côté cette théorie idéale, de l'autre côté la réalité des lois de la nature, aurait dû vraisemblablement avoir des répercutions observables dans une quelconque des expériences effectuées au cours de l'histoire de la physique expérimentale, qui nous aurait apparue inexplicable et aurait abouti à remettre en cause les théories; comme cela n'a pas eu lieu, on peut donc tenir ces lois pour exactes suivant une excellente approximation.

2) C'est bien gentil tout ça, mais en pratique, les lois ainsi formulées s'avèrent d'une complexité inextricable pour la résolution des problèmes particuliers qui nous intéressent. On a donc besoin d'un système d'approximations théoriques, simplifiant la complexité mathématique du modèle par des hypothèses de régularité qui permettent, à partir de l'expression théorique générale des lois de la physique écrites au 1), d'exprimer finalement la résolution théorique d'un problème donné par des formules relativement simples mais dont l'exactitude est beaucoup moins fine (et donc beaucoup plus éloignée de la réalité physique) que celle du 1); ou encore par exemple la finitisation du problème en termes de pixels ou autres éléments finis aboutissant à des calculs numériques.

3) Le choix d'un système de coordonnées, qui fait correspondre les points de l'espace abstrait de la théorie à un système de nombres réels (ou entiers dans le cas d'un ensemble de points discrets), ce qui est une équivalence mathématique exacte entre deux systèmes mathématiques aussi idéaux l'un que l'autre, dont l'un est symétrique (existe en soi indépendamment des coordonnées) tandis que l'autre est numérique (se rapporte à un objet de référence arbitraire). Le repère invoqué peut être ou non relié au choix particulier de méthode des éléments finis du 2).

4) Une procédure expérimentale visant à donner des informations approximatives sous forme chiffrée à propos de l'état de tel système physique particulier qu'on a en face de nous, dont on veut savoir à quels objets mathématiques du modèle théorique il pourrait correspondre. Cela procède par éliminations, chaque mesure permettant d'éliminer pas mal d'états théoriques qui restaient autorisés par les mesures précédentes. On espère que le domaine des possibilités qui resteront à la suite de ces mesures correspondront grosso modo à un seul "état approximatif" du système, au sens défini au point 2).

On remarque que les imperfections du 4), liées aux appareils de mesures, n'ont a priori rien à voir ni avec les approximations de 2), ni encore moins avec l'expression théorique des lois de la physique du 1).

(développement de l'argument pas fait.... )

... à la fin du chapitre, il donne finalement un soi-disant énoncé de son principe de relativité d'échelle, par quelque chose qui ressemble superficiellement à une formule. Plus ça prétend se donner une allure de précision, plus ça branle dans le manche. Que peut-on répondre à ce genre de démarche, qui prend un malin plaisir à naviguer dans le flou pour minimiser les risques de réfutation (on ne peut réfuter que s'il y a quelque chose à réfuter) tout en laissant superficiellement planer des airs de précision pour embarquer l'enthousiasme de ceux qui ne font pas attention. Je ne vais pas énumérer la liste de tous les aspects de cet énoncé qui manquent de sens (il faudrait presque tout répéter en fait) mais je vais juste proposer le petit exercice suivant.
Soit une fonction f(t,x,y,z;Dt,Dx,Dy,Dz).
Soit le nouveau système de coordonnées obtenu par rotation d'un huitième de tour dans le plan (x,y), soit
x'=(x+y)/Rac(2)
y'=(y-x)/Rac(2)
Exprimer la fonction f'(t,x',y',z;Dt,Dx',Dy',Dz) obtenue par transformation de f lors de ce changement de repère.
Inverser la transformation pour exprimer f en terme de f'. Vérifier qu'on retrouve le f de départ.


Références d'avis et de discussions sur la relativité d'échelle

Voici les preuves que ma critique n'est pas marginale, au contraire elle reflète l'avis général de tous les scientifiques sérieux qui ont examiné la question

Eté 2005 : enfin des preuves claires et décisives (pour les quelques-uns qui n'avaient toujours pas compris jusque-là) que les analyses des présentes pages expriment bien l'avis généralement partagé par les physiciens

- Thibault Damour, qui avait récemment donné son avis au Téléphone Sonne suivant le compte-rendu de newsgroup ci-dessous, me l'a confirmé par mail : "Bon courage pour continuer à dire qu il n y a rien dans ce que fait Nottale", ce qu'il qualifie de "tache salutaire".

- Réponse de Didier Lauwaert, physicien de référence sur le newsgroup fr.sci.physique, qui, suivant les conseils qui lui ont été prodigués par les fans de la RE, a vainement épuisé ses forces à étudier les publications de Nottale pour tenter de dénicher un fil logique dans le "fond" (introuvable) de cette "théorie" : répondant à mon lien vers la présente critique:
"Excellent, vraiment excellent. La critique traduit vraiment ce que j'ai constaté et le sentiment que j'ai eu à la lecture des articles de Nottale. Mais c'est nettement plus approfondi. (...)"
Où l'on découvre aussi qu'aucun des fans de Nottale qui en font la promotion et sont prêts à en discuter n'a de compétence réelle sur le fond théorique du dossier, de sorte qu'aucune discussion réellement scientifique n'est possible.
Si un partisan de la relativité d'échelle a quelque chose à y répondre, qu'est-ce qui l'empêche de le faire en réponse à ce fil de discussion (ou ensuite un autre dans les mêmes newsgroups après que celui-ci soit fermé) !!!

- Messages de Rincevent, modérateur du forum Futura-Sciences: après un premier message de juin 2004 sur ce sujet, voici une discussion contradictoire plus approfondie. Voici les extraits qui concernent la relativité d'échelle:

Rincevent: "Néanmoins, une chose est sûre : même si un certain magazine a récemment fait sa couverture avec 4 scientifiques impliquées dans ces "théories", aucun physicien théoricien ne croit un seul instant à la dernière que tu mentionnes... les 3 premières sont des tentatives sérieuses, mais la dernière n'est rien d'autre que de la "poésie calculatoire" et il est absurde de la comparer aux autres..."
Message très fort de Rincevent: "le problème c'est que la relativité d'échelle n'est PAS une théorie. C'est au mieux un poème moderne." (voir arguments dans la suite du message).
Mtheory confirme ici et .
En quatrième page, le débat s'anime avec l'arrivée de Liber Abaci, partisan de la relativité d'échelle, qui répond. Voir les messages de 58 à 61 commençant par cette intervention. Le sujet réapparaît mais très doucement et vaguement à partir du message 65, et se délaye vers d'autres sujets. Puis reprend en cinquième page  par la deuxième réponse de Liber Abaci (message 77), suivi de deux réponses de Mtheory et d'une dernière réponse de Rincevent.

Relevons en particulier deux perles de stupidités dans la deuxième réponse de Liber Abaci:

"[SNIP]
... le travail scientifique ne consiste pas à démontrer que toutes les affirmations floues sont fausses... s'il fallait que les scientifiques passent leur temps à prouver que des théories fumeuses le sont ...
[SNIP]

Vous auriez vraiment dû éviter d'énoncer cette dernière affirmation péremptoire, car c'est elle qui vous décrédibilise le plus. Etes-vous vraiment un physicien théoricien ? Votre vision réductrice du travail scientifique et votre étroitesse de vue me font douter. Ne réfute-t-on pas régulièrement des théories qui sont autrement plus absurdes que la RE ? "

Voir par ici, en particulier la citation de JP Luminet. D'autre part,

Effectivement, on peut dire que le fait que L. Nottale revienne à une vision plus «causale» de la physique explique beaucoup les réactions épidermiques de certains physiciens bousculés dans leur croyance (!) en l'interprétation de «l'Ecole de Copenhague», sans parler de l'attitude souvent attentiste et frileuse de la communauté scientifique Française. Je suppose que c'est humain, mais ce n'est certainement pas scientifique.

témoigne de sa profonde méconnaissance en matière de résultats de la physique quantique et des problèmes philosophiques que cela pose. Prendre la révolution quantique de la physique pour une connerie, et prendre l'ensemble de la communauté des physiciens reconnaissant les problématiques et avancées conceptuelles irréversibles qui en résultent pour une bande de zombies ayant perdu toute pensée critique et vouant une vénération irrationnelle envers l'école de Copenhague, est un des thèmes récurrents des révolutionnaires du dimanche de la physique qui se croient assez intelligents et surtout posséder de toute façon une idée suffisamment géniale pour tout expliquer, en sorte de ne pas avoir besoin d'apprendre cette physique quantique qu'ils prétendent expliquer, ni de se cultiver sur les raisons profondes motivant ce respect général des physiciens envers ses concepts fondamentaux. 

Discussions sur les newsgroups

Voici le résultat d'une recherche aussi exhaustive que possible des discussions de newsgroups sur Laurent Nottale et sa théorie. Déjà ça se caractérise par un silence relativement assourdissant: très peu de discussions à son sujet, surtout de simples références et paraphrases de ses propos. De ce que j'ai vu, les seules discussions significatives que j'ai retenues sont (je les mets toutes, par ordre à peu près chronologique, les favorables comme les défavorables pour être impartial):

Nottale (TRF) et la mécanique quantique : message de Vivien Lecomte expliquant qu'à son sens, Laurent Nottale n'explique pas la mécanique quantique (septembre 1999).
[bruit CRAS] Ig Nobel(novembre 99)
Sentiment très sévère de Denis Feldmann sur la relativité d'échelle (septembre 2000)
Observations , mesures et RG ? (octobre 2000)
Equations de Maxwell et relativité [HISTOIRE] (septembre 2001) : remarque sévère de Michel Talon - réponse de Sergio Dos Santos
Petite question (mai 2001 - plutôt favorable à Nottale mais remarque qu'il est référencé dans http://www.crank.net/cosmology.html )
NOTTALE - EXOPLANETES - QUESTIONS (novembre 2002) : question de Didier Lauwaert sur la vérification des prédictions de Laurent Nottale en matière d'orbites planétaires
Laurent Nottale (nov 2002)
Laurent Nottale (déc 2002)
relativite d'echelle (déc 2002)
MQ physiquement incomplète (jan 2003)
Laurent Nottale (avril-mai 2003): où j'ai été stimulé à approfondir le dossier.
L. Nottale : Le retour ? (octobre 2003)
What do you think of ...[the theory / "theory" / "model" / dream / @#+!!?%$ (underline appropriate according to your view) of Laurent Nottale.]

UFO Metric Engineering (janvier 2004)

Qu'est-ce qu'on reproche à Nottale, d'après Didier Lauwaert (fév. 2004)

Relativité d'echelle : prechi-precha de Philippe, mais aussi question sans reponse de J